02 juin 2008
La figuration narrative
La figuration narrative.
Il n’y a pas un magazine d’art qui ne fait pas échos de la nouvelle…. La figuration narrative, mouvement malmené en son temps, revient le vent en poupe. Célébrée actuellement au grand palais, la figuration narrative est partout et chacun y va de son commentaire. C’est une consécration qu’Hervé Lourdel observe depuis sa toute nouvelle galerie de la rue Guénégaud. Il rend d’ailleurs hommage aux artistes issus de ce mouvement en ouvrant un site internet consacré à la figuration narrative.
C’est en juillet 1964 que le courant émerge, au musée d’art moderne de Paris avec le critique Gerald Gassiot Tablot qui préface l’exposition Mythologique quotidienne avec 34 artistes qui seront reconnus par la suite sous le thème de “la figuration narrative”. Ce mouvement est en opposition avec l’abstrait et le nouveau réalisme, courant dominant de l’époque. La figuration narrative est souvent rapprochée de la nouvelle figuration et fait office “de pop-art” français, moins dans l’idéologie que par sa forme de traitement. Ses inspirations sont diverses, il y a la bande dessinée, le cinéma, la photographie, et la publicité. C’est souvent une réflexion et une analyse de l’image mais certains cherchent à impliquer leur pratique artistique dans un regard critique sur la société de leur temps. Rancillac et Télémaque, chefs de file du mouvement font des peintures froides et distanciées, et veulent maintenir l’éveil et l’esprit critique des spectateurs sur les images de la réalité.
En 2006, la figuration narrative fut redécouverte avec la vente d’un tableau,” One marines”, de Télémaque qui réalisa un record mondial du genre avec 292 000 euros. Depuis, c’est l’effervescence autour de ce mouvement, chaque passionné cherche la toile idéale. Je vous conseille d’ailleurs de vous orienter vers Erro, une valeur sûre, côté un peu plus chaque jour, avec une vente récente à 860000 euros. La figuration narrative reste abordable, on trouve encore une belle aquarelle d’Erro à 4500 euros, alors qu’il est une figure essentielle du mouvement. Aujourd’hui c’est une période gravée dans l’histoire de l’art et des artistes fondateurs tels que Rancillac n’ont pas encore reçu toute la reconnaissance qu’ils méritent. Amateurs d’art, profitez-en, de belles pièces abordables se promènent encore sur le marché…
L’exposition au grand Palais salle par salle.
Cette exposition contribue à donner un coup de pouce au mouvement. Certains ont jugé l’espace trop étroit pour accueillir toutes les oeuvres. Personnellement, j’ai aimé la scénographie imaginée par Laurence Le Bris, les couleurs de fond, rouge, orange, et pourpre, s’accordent très bien avec le style.
La première salle met en avant les prémices du mouvement. Dans les année 50 alors que le vocabulaire abstrait s’épuise, de jeunes artistes (Arroyo, Erró, Klasen, Monory, Rancillac, Recalcati, Saul, Télémaque, Voss…) donne naissance à la figuration narrative avec un style proche du graphisme et inspirée des bandes dessinées. Selon Jacques Lévêque et José Pierre, ces artistes, qui utilisent les représentations d’objets quotidiens ou le style de narration issu des « comics », sont les chroniqueurs de la nouvelle société de consommation en train de naître en France.
La deuxième salle “Mythologies quotidiennes” révèle des artistes très éloignés du pur « constat » formaliste pratiqué par le Pop Art ; utilisant volontiers le grotesque, l’humour, la dérision, ces peintres réintroduisent le récit et la durée dans la peinture à travers la présentation de scènes successives dans un même tableau, ou procèdent par juxtaposition ou métamorphoses d’images. Ils veulent confronter la peinture aux images de masse et faire le pont avec d’autres moyens d’expression. Alors que l’art américain triomphe à la biennale de Venise avec le grand prix de peinture attribué à Rauschenberg, la nouvelle figuration parisienne est sévèrement jugée par les critiques qui l’accusent « d’imiter New York ».
La troisième salle concentre les oeuvres les plus proches de la bande dessinée, réservoir formidable d’images populaires, subversives et grand public. Les aplats et le rendu direct, favorisés par l’usage de l’épiscope qui projette ces images sur la toile vierge, permettent aux artistes de s’émanciper d’une figuration réaliste et classicisante, mais aussi de rompre avec la peinture gestuelle et matiériste de l’Ecole de Paris.
Une salle est consacrée à “l’art du détournement”, ici les artistes détournent les oeuvres des plus grands noms (Rembrandt, Velasquez, Picasso, Matisse) avec des distortions, des juxtapositions ou des ajouts pour faire sortir les chefs d’oeuvre et de leur esthétisme et de leur neutralité culturelle.
Dans l’avant dernière salle, on découvrira l’étroite relation des artistes avec le cinéma. Cinéphiles invétérés, les films noirs et policiers sont une source d’inpsiration, surtout pour Adami, Klasen et Monory. Ce dernier se représente en tueur dans ses tableaux et Klasen confronte des représentations fétichistes du corps féminin à la réalité glacée des objets contemporains. S’ouvre un champ d’expériences nouvelles où s’abolissent les barrières entre le réel et l’imaginaire pour donner la priorité au labyrinthe de la névrose moderne.
Pour finir l’exposition, c’est de politique dont se souciera le mouvement. Vous y retrouverez donc les thèmes de l’époque, guerre du Vietnam, révolution culturelle chinoise, conflit israélo-arabe, la mort de Che Guevara, mai 68 : autant de jalons d’une histoire heurtée, suivie avec attention par nombre d’intellectuels français dans la seconde moitié des années 60. Les techniques utilisées sont multiples: détournements d’images, actions collectives, réutilisation pour peindre des techniques issues de la fabrication des affiches. Tous ces moyens remettent en cause la pseudoobjectivité des média et la puissance du pouvoir. Autant de formes et d’actions inédites pour fabriquer un art en prise directe sur le monde et son Histoire.
Affordable art fair à Paris.
Affordable art fair à Paris…
Le week-end a été chargé , entre la nouvelle exposition du palais de Tokyo, le parcours de Saint-germain qui fête ses 10 ans et L’affordable art fair, je n’ai fait que courrir. Aujourd’hui, j’ai consacré ma journée à la foire d’art contemporain qui se situe porte de Champerret. J’espère que vous ne l’avez pas manquée, c’était la dernière journée…

C’est la première année que cette foire s’invite à Paris, et on l’attendait avec impatience. Will Ramsey, l’inventeur du concept Affordable art fair rend l’art accessible à tous, avec des prix allant de 100 euros à 5000. N’hésitez pas à craquer sur des artistes encore méconnus, les prix sont petits mais si vous êtes chanceux vous tomberez sur une pièce qui prendra de la valeur.
Cette foire existe depuis neuf ans à Londres à un rythme bi-annuel, et s’est déjà exportée à New York, Sydney, Melbourne et Amsterdam. Une soixantaine de galeries françaises et internationales ont été sélectionnées pour présenter des oeuvres d’art à des prix abordables. La dernière édition de l’AAF à Londres avait attirée 22.500 visiteurs. Le montant des oeuvres vendues avait atteint plus de 5 millions de livres (6,37 millions d’euros).
Il y a beaucoup d’artistes plus ou moins bon. Personnellement j’ai craqué sur un artiste: Marko Velk.
Cet artiste né en 69 et originaire de Yougoslavie a fait les arts déco de Paris. Il a exposé à New York, au Mexique, en croatie et j’en passe… Il était présent à la Fiac, au salon du dessein contemporain et à ViennaFair. Il est connu pour ses “absences” portraits contemporains de figures intemporelles. L’artiste s’appuie sur les caractéristiques propre au dessin ( économie, force d’évocation) et lui donne ainsi ses lettres de noblesse. L’économie de moyens est caractéristique du travail de cet artiste : seul le noir du charbon devient couleurs, chairs et présences. Images en négatifs d’un réel aux allures de songes, qui évoquent également les premiers négatifs de la photographie puis ses avatars avec ses images qui prétendaient saisir l’image de spectres ou de personnes disparues et qui fleurirent au XIX ème sciècle.
Je suis repartie avec, sous le bras, une lithographie de Marko Velk :
26 mai 2008
Goya au petit palais.
Goya, je l’ai découvert au musée des Beaux arts de Lille. C’est le tableau “les vieilles” qui m’a interpellée… Je ne savais pas quoi en penser mais à chaque fois que je visitais ce musée, je tombais en arrêt sur ce tableau. Il avait une espèce de pouvoir surnaturel qui me poussait à chercher plus loin. Je ne peux pas dire que je l’appréciais mais la puissance de cette oeuvre me donnait envie d’en connaître un peu plus sur l’artiste. Lorsque j’ai su qu’une exposition sur le maître se préparait à Paris, je jubilais, j’allais enfin pouvoir découvrir une face cachée de Goya, celle du graveur.
Le petit palais et le musée des beaux arts de Paris est un lieu splendide qui met parfaitement en valeur le célèbre graveur. L’exposition rassemble 280 oeuvres rarissimes et prestigieuses, dont certaines, issues de la collection privée du couturier Jacques Doucet, fondateur de la Bibliothèque d’art et d’archéologie. Goya, homme à cheval entre deux siècles, inspiré par les grands penseurs des lumières, est avant tout, le témoin des horreurs de l’ inquisition en Espagne. . L’exposition retrace chronologiquement les estampes de l’artiste et évoque l’influence de Rembrandt, Velasquez en passant par la famille Tiepolo qui dominent avec leur rococo vénitien la scène espagnole de l’époque.
On y découvre les célèbres Caprices, les Désastres de la guerre, Les Disparates et Tauromachie.
Les caprices, c’est une série de 80 oeuvres (20 sur 15 cm) qui dresse un portrait grinçant de la société espagnole de la fin du 18 eme. L’artiste fait une satire grotesque du clergé, de l’aristocratie (alors qu’il est élu peintre de la chambre à la cour), de l’armée et des paysans (on y voit beaucoup d’ânes, symbole de l’idiotie). Il dénonce aussi les horreurs de la guerre avec ses “Désastres de la guerre” où l’on voit des corps mutilés, pendus, torturés dans des positions absurdes…
En 1815 il s’attachera à retranscrire l’art de la corrida et il célébrera par la même occasion les picadors Mariano Ceballos, Romero Pedro ou Pepe Hillo tous morts dans l’arène, témoin tragique de la suprématie de la bête sur l’homme. Ces scènes macabres donneront naissance aux “Disparates”, où les taureaux volent dans l’air, où le rationnel disparaît pour faire place à l’absurde et aux cauchemars.
Vous trouverez aussi une pièce où les techniques de l’artiste vous seront expliquées. Les gravures sont fixées par l’aquatinte et l’eau forte qui permettent d’obtenir une composition formée par plusieurs points plutôt que de traits. Sur le plan visuel, ces différents grains sont perçus comme des demi-tons, allant du gris léger au noir soutenu. Cette technique est utilisée en complément de l’eau forte créant des effets de teinte. Goya utilisera également la lithographie et obtiendra des effets de formes ou de lumière totalement inédits.
L’exposition se clôt sur l’influence de l’artiste sur la vague française du 19 ème, où il suscitera un profond engouement auprès des romantiques, tels que Delacroix. La modernité de son art et sa subjectivité feront de Goya un modèle pour des artistes engagés comme Manet. Les symbolistes quant à eux, fascinés par les visions surgies de l’inconscient, rendront de nombreux hommages à l’auteur du « Sommeil de la raison engendre des monstres » à l’image d’Odilon Redon. À son tour, Baudelaire louera l’« originalité des conceptions » de cette œuvre qui demeure aujourd’hui encore nimbée de mystère.
C’est une exposition à ne pas manquer, même si la mise en scène laisse à désirer. On aime les oeuvres mais la disposition est en dessous de ce que l’on pouvait espérer. On a l’impression que l’ampleur des oeuvres a du mal à être contenue dans un lieu si étroit. La lumière est trop tamisée si bien qu’il faut coller le nez sur l’estampe pour apercevoir l’ensemble de la gravure. Sans compter qu’il faut déjà se plier pour la voir. Bref à la fin, on a un peu le tournis mais on est content de connaître un peu mieux le maître Goya…
08 avril 2008
Louise Bourgeois, rétrospective au centre Pompidou.
C'est une exposition dont je ne suis pas sortie indemne. Louise Bourgeois est une artiste qui sait passer clairement ses messages, il n'y a pas de doute sur les thèmes traités et on en ressort tout chamboulé. Peut-être parce que ses oeuvres nous renvoie au chaos intérieur propre à chaque être humain. Plus encore, si comme l'artiste, le foyer dans lequel vous avez grandi vous laisse des cicatrices, plus encore si vous soutenez le combat féministe et plus que jamais si vous aimez l'ère surréaliste. Car ses oeuvres vous laisse un regard différent sur l'art, sur vous-même, sur votre passé qui fait votre présent. En avançant dans les salles du centre Pompidou, on ressent la douleur, la solitude illustrée par des oeuvres sorties tout droit de vos cauchemars. Louise Bourgeois est née en 1911 à Paris et elle délaissera la France, dont elle éprouva à tout jamais la nostalgie, pour s'installer aux Etats-Unis en 1938 avec son mari Robert Goldwater. C'est là qu'elle rencontrera tous les artistes du mouvement surréaliste, elle imprègne ainsi une vision psychique à ses oeuvre héritée de ses traumas personnels. Pleinement consciente de cette dimension de son oeuvre, elle reste ,toutefois, éloignée des orientations latérales qui caractérisent le mouvement surréaliste dans le rapport à l'inconscient.
Les thèmes récurrent de ses oeuvres sont la famille, l'adolescence, la sexualité, le combat féministe avec ses fameuse "femmes-maison" et surtout la solitude. L'artiste travaillera comme une acharnée pour comblée le vide, une fois son mari et ses enfants partis travailler et la laissant seule de longues journées. C'est sur le toit de sa maison qu'elle y installera son atelier et qu'elle créera "ses totems" représentant les membres de sa famille. Ce sont des oeuvres avant gardiste qui jettent les premières bases de l'abstraction. Proche de l'art contemporain, Louise Bourgeois ne cessera de nous étonner avec ce qu'elle appelle 'les cells", des cellules pour le moins étranges qui font de ces "scènes de vie" une oeuvre d'art. On y retrouve la majestueuse araignée qui représente la figure maternelle adorée par Louise Bourgeois.
Avec une dominante de rouge, couleur de l'interdit, une cellule est particulièrement marquante, puisque c'est un regard sombre qu'elle jette sur le lieu conjugal par excellence, la chambre à coucher. On sent une sexualité presque agressive qui révèle un traumatisme. Est-ce parce que la jeune Louise avait découvert que son père trompait sa mère avec la nounou? Ou est-ce l'expérience atypique du père emmenant sa fille au bordel? Toujours est-il que ces cellules sont froides, elles sont comme toutes les cases qui forment notre psychisme. Chaque cellule renvoie à un souvenir, à une blessure qui marquera l'artiste.
Louise Bourgeois est une artiste complète, elle s'intéressera ainsi à la couture et fabriquera des poupées en tissus dignes des poupées voodoos que l'on transperce d'aiguilles pour exorciser nos peurs, nos peines, nos angoisses. Ces poupées sont tristes, et sont le symbole de la fécondité. Ce n'est pas la joie de la maternité qui est symbolisée, mais la difficulté que peut représenter la mise au monde d'un enfant. Ainsi, on devient cette "femme totem", cette "femme maison', destin auquel il est difficile d'échapper. On aimerait comprendre autre chose, mais les messages sont clairs et toute cette souffrance exacerbée cautérise nos plaies. Aujourd'hui nous savons qu'ils faut les accepter, les dompter et l'art aide à nous libérer. Louise Bourgeois, en plus de nous offrir, des oeuvres de génie, nous renvoie à nous-même, à toutes ces blessures qu'il est possible de transformer en énergie créative. C'est une exposition à ne manquer, et n'hésitez à vous attardez sur la série de portraits photo à la fin de l'exposition, elle représente l'artiste tout au long de sa vie, plus majestueuse que jamais.
27 mars 2008
Le musée-galerie Baccarat.
On n’y pense pas et pourtant le musée Baccarat cache de vraies merveilles. Je m’y suis rendue à l’occasion d’une exposition sur les années folles et je n’ai vraiment pas été déçue. Ce musée est avant tout un hommage au cristal, cet art particulier pratiqué depuis 1764 par la manufacture de Baccarat. Cristal soufflé, taillé ou gravé, les pièces de cette illustre maison témoignent d’un savoir-faire exceptionnel.
Le musée se compose de quatre salles dont une salle technique permettant de retracer son histoire et de découvrir le procédé mystérieux qui transforme les objets les plus communs en œuvre d’art.
Baccarat et les années 20 : Du 29 octobre au 17 mai.
Les années folles ont été, pour Baccarat, sources de création, d’innovation et ont permis de créer un nouvel art de vivre. La collection est composée de 380 pièces uniques qui mélangent subtilement la tendance néoclassique, cubiste, asiatique et africaine.
La première salle est dédiée aux objets présentés lors de l’exposition arts déco en 1925. Ne passez pas à côté du vase tulipe peint à l’or aux motifs de fleurs, feuilles et grappes de raisin, et le service « jets d’eau », exceptionnel par sa précision.
La première vitrine de la grande salle rassemble les objets de tradition classique, presque nostalgique du 18eme siècle. Arrêtez-vous sur le pied de lampe en cristal opale blanc avec un abat-jour en plumes d’autruches, d’un chic absolu.
La deuxième vitrine suit l’évolution où l’on retrouve l’influence du cubisme et du constructivisme. Les formes sont géométriques et la construction d’une rigueur mathématique, notamment pour la coupe Trocadéro en cristal taillé.
Enfin la derrière vitrine est composée des services de table pour les yachts. On y retrouve tout le luxe habituel avec le côté pratique en plus.
Pour terminer la visite, visitez la salle de bal somptueuse, qui illustre parfaitement le goût prononcé pour les belles choses, de
cette époque insouciante.
Si l’envie vous prend, déjeunez au restaurant cristal pour y dégustez des mets savoureux autour d’un bon verre de cristal taillé.
22 mars 2008
Keith Haring, rétrospective au musée d'art contemporain de Lyon.

Sous le commissariat éclairé de Gianni Mercurio , une rétrospective consacré à Keith Haring au musée contemporain de Lyon.
Keith Haring est une figure emblématique de l’art contemporain. Mort à 31 ans il y a tout juste 18 ans, il se consacre à l’art et le rend accessible à tous en passant ses messages universels. C’est à Lyon qu’on lui rend hommage dans une exposition qui se penche sur les multiples aspects de sa courte et fulgurante carrière. Au total, plus de deux cents pièces ont été prêtées pour l’occasion par la fondation Keith Haring.
La première partie de l’exposition est consacrée est entièrement consacrée aux desseins et à son alphabet, à la construction de l’identité de Keith Haring, reconnaissable entre tous. Son graphisme est coloré, ses figure cernées de noirs épais et des symboles simples y sont représentés tels que le chien, Mickey Mouse, le serpent, la soucoupe volante ou encore la pyramide. Toutes ces créations ultra colorées incarnent une énergie positive porteuse d’espoir. A la fin des années 70, la culture artistique alternative se vit en dehors des galeries et des musées et Keith Haring se fond, à merveille, dans l’air de son temps, en s’emparant des espaces publicitaires du métro pour en faire son œuvre. Inspiré par Warhol et sa factory, il devient un maître de la communication, soignant son look et son réseau. A mi-chemin entre le dessein et le spectacle vivant, il préfère descendre faire ses desseins dans la rue plutôt que de s’enfermer dans son atelier. Keith Haring rend son art accessible à tous
12 mars 2008
Thomas Lélu expose...

Ce soir si vous n'avez rien de prévu, foncez à la galerie Léo Scheer. Thomas Lélu expose et on est ravie... Pour celles qui ne le connaissent pas, c'est un artiste plasticien, photographe et romancier français né en 1976. Il fait partie de ces artistes qui se veulent "hype", bout en train et qui amuse la galerie. Après des études aux "arts déco" de Paris, Thomas Lélu s'est fait connaître avec son livre humoristique et ironique intitulé "Manuel de la photo ratée", dans lequel il expose et explique comment faire de "belles photos ratées". Toutes les erreurs sont répertoriées et chaque possibilité est illustrée par une photo récupérée par l'auteur dans des greniers, boîte et autres caisses, destinée à être jetée ou à périr au fond de leur sac. Sa première exposition c'était à Paris chez Dominique Fiat, d'ailleurs rebaptisé pour l'occasion "Dominique-fiat-panda". Ce bout en train propose une belle réflexion assez critique vis-à-vis du monde actuel et de l'histoire de l'art. Cette année, c'est chez Léo Scheer qu'il expose, lieu expérimental lié au publication (lectures, performances, projection) et à la promotion des arts visuels (photographie, arts vidéo, cinéma expérimental...).
Galerie Léo Scheer
14-16 rue de Verneuil 75007 Paris
Du mardi au samedi de 14h à 18h
Exposition du 13 mars au 19 avril
Vernissage le 12 mars, à 18 h
24 février 2008
Palais de Tokyo, Cellar Door.
Lors de mon denier billet dédié à Camille Claudel (artiste dont je ne cesserai jamais de vanter les mérites), je vous avez promis de ne pas vous fatiguer avec mes théories sur l'art contemporain... Mais je ne peux pas écrire ce billet sur cette exposition sans vous rappelez deux trois choses. Tout d'abord, je n'ai jamais été une fervente admiratrice de l'art contemporain. Je sais que je vais me faire quelques ennemis mais j'ai du mal à comprendre cet art dématérialisé, rythmé par les avancées technologiques. Je comprends bien que la toile n'est pas un support unique et que ces découvertes influencent l'art mais sérieusement qu'en est-il de l'art? Les performances sont artistiques, je ne reviendrais pas sur ce fait mais où sont passé les artistes qui trimaient pour acheter un pinceau et une toile, où sont les sculpteurs ruinés par l'achat du marbre? Le classicisme a disparu depuis longtemps, sans doute trop longtemps... Aujourd'hui les DJ's sont de vrais artistes et nous font vibrer au rythme de leurs sons organiques, et de leurs étrangetés mécaniques. Mais n'oublions pas l'humanité qui animaient tous les artistes de la vieille génération. Aujourd'hui pour écrire, il ne faut plus de papier mais un ordinateur, est-ce devenu pareil pour l'art? Ne peut-on pas, pour une fois, échapper au dicta du numérique? Faut-il comprendre l'art actuel comme un programme installé sur notre PC... Et enfin quelle échappatoire nous reste-t-il?
Voilà pour la petite critique de l'art contemporain, je pourrai continuer des pages entières mais je préfère économiser votre temps en passant enfin à la critique de l'exposition Cellar Door de Loris Greaud. Celle-ce se déroule du 14 février au 27 avril au Palais de Tokyo, le RDV de l'avant-garde française.
Loris Greaud est un artiste transdiscplinaire, passionné d'architecture, de mécanique quantique et diplômé en art graphique aux Beaux-arts de Cergy. Il est également le fondateur d'un atelier de cinéma expérimental et producteur d'un label de musique électronique. Son art est à l'image de son parcours, reprennant les modes opératoires d'un réalisateur de cinéma ou encore d'un chef d'orchestre, il élabore des machines empiriques où le médium suit systématiquement les idées, elle-même échangées, partagées, négociées et distordues. En 2004 il crée, avec des architectes, un studio permettant la réalisation de projets utopiques en charge du design, de l'architecture et la maîtrise d'oeuvre de l'exposition Cellar Door. Cette exposition c'est l'histoire d'une porte qui s'ouvre sur un monde... Avec des forêts en poudre à canon, des snipers dans une cage de paint ball, des flux sonores et visuels qui emmènent le visiteur dans un voyage au coeur du cerveau-machine. Loris Greaud et ses compères nous font flirter avec les frontières du visible et de l'immatériel, nous entraînant par la même occasion dans un organisme générée par une partition distendue dans l'espace et le temps. Cellar door est une proposition ambitieuse: cette exposition est, avant tout,une forme mutante pilotée en temps réel par un studio et un ingénieur placé au centre du dispositif, activant les oeuvres, produisant l'habillage sonore, les accélérations et les retraits. Cellar Door est un objet protéiforme partagé entre des temps d'exposition, une partition, et une architecture. L'idée qui prédomine la partition commissionnée au compositeur Thomas Roussel, est que cette exposition n'est pas finit mais peut être réinterprétée et, comme une partition, elle peut être rejouée à l'infini. C'est un hommage à l'ouverture des possibles et cette exposition entre parfaitement dans la lignée ultra contemporaine. Moi-même qui suis souvent agacée par la représentation de l'homme-machine ( cette évolution me fait peur), j'ai aimé entrer dans ce monde hautement artistique où l'art, la musique et l'architecture ne font plus qu'un.
30 décembre 2007
Mademoiselle B.
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Mademoiselle B.
Ce week-end je n'avais pas vraiment envie de bouger, le froid dehors m'inspirait une journée pyjama Dvd-Côte-d'or raisin noisette.. Je rêvais d'une journée enroulée dans ma couette à regarder les derniers épisodes de Gossip girl.
Mais MC m'a poussé hors de mon lit, et j'ai du prendre mon courage à deux mains pour daigner m'habiller. Monsieur a décidé de faire une exposition et j'ai eu beau lui expliqué: Oui mais chéri, tu vois là je serais bien rester tranquilou calinou (en insistant sur le câlinou), rien n'y a fait, il m'a trainé dans les rues de Paris. Direction: Le trocadéro (à deux minutes de chez moi, c'est vrai que c'était pas très loin), nous allons à la cité de l'architecture. Une fois entrée dans le musée et le museau réchauffé, je remercie MC de m'avoir sorti de ma tannière, et me faufile vers la longue file d'attente. Après avoir payé, je me dirige vers l'exposition temporaire lorsque Mc me rattrape par le bras pour me traîner à l'exposition Vauban qui a lieu dans le sous-sol du musée. Je le suis mollement pendant qu'il prend quelques photographies pour ses projets jusqu'à ce que mon frère me sauve en faisant cuiner mon portable. Je sors dans le couloir et m'emballe dans une conversation joyeuse en me promenant dans la cité. Ma conversation terminée, je me mets à la recherche de MC complètement délaissé. Et là je descends un étage puis deux et tombe sur une porte avec un mystérieux « Mademoiselle B » sur la porte. J'entre avec curiosité et tombe .... sur un monde magique complètement girly qui nous rappelle notre douce enfance. Celle où l'ont tiré sur les cheveux de nos Barbie. Justement, mademoiselle B, c'est elle. Une villa à sa taille (1 sixième de la taille réelle) lui est dédiée avec neufs espaces personnalisés. L'exposition propose une réflexion sur les « tendances » de la maison idéale en réponse à l'évolution de nos modes de vie. Pour cela la cité a demandé a six femmes architectes de créer une maison contemporaine où l'imagination de chacune serait représentée. La villa est décomposée en 9 espaces: le « urban cottage »,
crée par Dominique Jacob met en lumière le plaisir de recevoir, les moments passés entre amis
ou encore « Treasure Island », imaginé par Anne Françoise Jumeau et Emmanuelle Marin-Trottin, ou le plaisir du 3G: garage, grenier , galerie d'art, un lieu qui élève la voiture au rang d'oeuvre d'art entourés par des objets dénichés lors des journées vides greniers. Le Lunch Box également, conçu par Isabel Hérault qui nous fait partagé le plaisir de la bouche, le goût mais aussi l'odorat, la vue, le toucher. Cuisine bio, moléculaire, traditionnelle... sans oublier le grignotage. Puis après le repas, nous passons au 'blablabla lounge », un endroit pour faire la fête et se réunir au coin du feu. Sans oublier le IT lab, qui a une place de choix dans cette villa. Le numérique s'étant installé dans presque tous nos foyers, c'est Florence Lipsky qui a pensé le bureau de demain en nous faisant partager sa passion de l'informatique. Plus féminin, le « Beuaty Building Space » ou le plaisir de se faire belle, comme le veut la tradition des petites filles qui aiment les Barbies, permet de se livrer sans complexe au narcissisme, de se métamorphoser, de se travestir ou de s'entraîner: fitness, maquillage, essayages.. Après l'effort, le réconfort, j'entre dans le « Body and soul boudoir, le nom me laisse figer devant la parcelle de 1 mètre carré, et je m'imagine prendre mon bain, me poupouner, méditer dans cet espace où tout est lié au repos du corps et de l'âme (tout de suite je repense à mon envie du dimanche de me reposer et voilà j'y arrive..). Pleine de rêve je me dirige vers les derniers espaces, non pas sans une pointes d'amertume à l'idée de quitter Barbie et ses copines, et découvre le « Secret Garden » de Raphaël Hondelatte. Me voilà plongé dans le jardin secret où l'on peut y cacher un doudou, écrire son journal intime ou stocker ses portraits de famille.
Pour finir je m'attendris sur « Pet land », où je me pense aux galipettes de mon chat et au plaisir d'avoir des animaux domestiques.
Voilà je referme la porte de ce joyeux monde imaginaire avec un petit pincement, je serais bien resté à rêvasser plus longtemps mais le souvenir de MC, seul ,dans ce grand musée me rappelle vite à la réalité. Et pour clôturer ce dimanche en beauté, je vais quand même regarder ma série avec, plus que jamais, des yeux d'enfants.










