Bavard'art

Ce blog est écrit par deux étudiantes qui souhaitent vous faire partager leurs goûts pour l'art, la mode, la musique, le cinéma, la lecture, les voyages, l'environnement ... Tout cela accompagné de plusieurs rubriques très sympatiques.;-)

26 mai 2008

Goya au petit palais.

imagesGoya, je l’ai découvert au musée des Beaux arts de Lille. C’est le tableau “les vieilles” qui m’a interpellée… Je ne savais pas quoi en penser mais à chaque fois que je visitais ce musée, je tombais en arrêt sur ce tableau. Il avait une espèce de pouvoir surnaturel qui me poussait à chercher plus loin. Je ne peux pas dire que je l’appréciais mais la puissance de cette oeuvre me donnait envie d’en connaître un peu plus sur l’artiste. Lorsque j’ai su qu’une exposition sur le maître se préparait à Paris, je jubilais, j’allais enfin pouvoir découvrir une face cachée de Goya, celle du graveur.

Le petit palais et le musée des beaux arts de Paris est un lieu splendide qui met parfaitement en valeur le célèbre graveur. L’exposition rassemble 280 oeuvres rarissimes et prestigieuses, dont certaines, issues de la collection privée du couturier Jacques Doucet, fondateur de la Bibliothèque d’art et d’archéologie. Goya, homme à cheval entre deux siècles, inspiré par les grands penseurs des lumières, est avant tout, le témoin des horreurs de l’ inquisition en Espagne. . L’exposition retrace chronologiquement les estampes de l’artiste et évoque l’influence de Rembrandt, Velasquez en passant par la famille Tiepolo qui dominent avec leur rococo vénitien la scène espagnole de l’époque.
On y découvre les célèbres Caprices, les Désastres de la guerre, Les Disparates et Tauromachie.

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Les caprices, c’est une série de 80 oeuvres (20 sur 15 cm) qui dresse un portrait grinçant de la société espagnole de la fin du 18 eme. L’artiste fait une satire grotesque du clergé, de l’aristocratie (alors qu’il est élu peintre de la chambre à la cour), de l’armée et des paysans (on y voit beaucoup d’ânes, symbole de l’idiotie). Il dénonce aussi les horreurs de la guerre avec ses “Désastres de la guerre” où l’on voit des corps mutilés, pendus, torturés dans des positions absurdes…
En 1815 il s’attachera à retranscrire l’art de la corrida et il célébrera par la même occasion les picadors Mariano Ceballos, Romero Pedro ou Pepe Hillo tous morts dans l’arène, témoin tragique de la suprématie de la bête sur l’homme. Ces scènes macabres donneront naissance aux “Disparates”, où les taureaux volent dans l’air, où le rationnel disparaît pour faire place à l’absurde et aux cauchemars.

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Vous trouverez aussi une pièce où les techniques de l’artiste vous seront expliquées. Les gravures sont fixées par l’aquatinte et l’eau forte qui permettent d’obtenir une composition formée par plusieurs points plutôt que de traits. Sur le plan visuel, ces différents grains sont perçus comme des demi-tons, allant du gris léger au noir soutenu. Cette technique est utilisée en complément de l’eau forte créant des effets de teinte. Goya utilisera également la lithographie et obtiendra des effets de formes ou de lumière totalement inédits.
L’exposition se clôt sur l’influence de l’artiste sur la vague française du 19 ème, où il suscitera un profond engouement auprès des romantiques, tels que Delacroix. La modernité de son art et sa subjectivité feront de Goya un modèle pour des artistes engagés comme Manet. Les symbolistes quant à eux, fascinés par les visions surgies de l’inconscient, rendront de nombreux hommages à l’auteur du « Sommeil de la raison engendre des monstres » à l’image d’Odilon Redon. À son tour, Baudelaire louera l’« originalité des conceptions » de cette œuvre qui demeure aujourd’hui encore nimbée de mystère.

C’est une exposition à ne pas manquer, même si la mise en scène laisse à désirer. On aime les oeuvres mais la disposition est en dessous de ce que l’on pouvait espérer. On a l’impression que l’ampleur des oeuvres a du mal à être contenue dans un lieu si étroit. La lumière est trop tamisée si bien qu’il faut coller le nez sur l’estampe pour apercevoir l’ensemble de la gravure. Sans compter qu’il faut déjà se plier pour la voir. Bref à la fin, on a un peu le tournis mais on est content de connaître un peu mieux le maître Goya…

Posté par Bavard_art à 08:07 - Les expositions - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


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