Bavard'art

Ce blog est écrit par deux étudiantes qui souhaitent vous faire partager leurs goûts pour l'art, la mode, la musique, le cinéma, la lecture, les voyages, l'environnement ... Tout cela accompagné de plusieurs rubriques très sympatiques.;-)

27 juin 2008

Conçues par Olafur Eliasso, 42 ans, des chutes d'eau géantes dégoulinent dans l'east river. Hautes d'une trentaines de mètres, les chutes sont créées par quatre structures en métal qui pompent l'eau de la rivière.

Les chutes sont situées sur l'île du Gouverneur, sous le pont de Brooklyn, et sur deux embarcadères. Depuis jeudi, elles sont visibles dans la journée et cela jusqu'au 13 Octobre depuis les deux rives de l'East River, Manhattan et Brooklyn.

Trois ans après les imposantes "Gates" de Christo, les chutes géantes d'Eliasson sont l'attraction de l'été à New York, qui espère récupérer 55 millions de dollars en revenus touristiques d'ici le 13 octobre.

15, 5 millions de dollars, c'est le montant donné par de généreux mécènes, en sachant qu'il n'y a aucun fond municipal.

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Les installations créent l'illusion de chutes d'eau en pleine rivière.
"Il s'agit du temps et d'expérimenter l'espace" a expliqué Eliasson à l'AFP, "L'eau a un grand potentiel pour être quelque chose à la fois de très physique et très indéfinissable, cela peut représenter des choses très différentes selon les gens".

Personnellement je ne sais pas quoi penser de ces chutes, je ne les ai pas vues. Je pars à New York en Août et j'ai bien l'intention d'aller prendre quelques clichés....

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24 juin 2008

Superdôme au palais de Tokyo

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Il y a déjà trois semaines depuis le vernissage et je n'ai toujours rien écrit sur cette exposition. C'est amusant mais je mets toujours longtemps avant de commenter une exposition au palais de Tokyo. Il a fallut un mois pour la monter, et un autre mois pour la comprendre. Etrange reflet de la réalité, je ne sais sans doute pas dans quel monde je vie. Il y a sans doute une raison à cela.... Je n'ai pas envie de comprendre les oeuvres du palais de Tokyo car elles me font peur. Lorsque j'essaie d'entrer dans le monde des artistes, j'ai envie de prendre mes jambes à mon coup. Lorsque j'entre dans cette espace, je n'ai pas le sentiment d'être dans un musée mais plutôt dans un bloc de béton froid où reposent les plus tristes vérités.
Ne croyez pas que je n'apprécie pas le lieux , c'est juste qu'il éveille en moi quelque chose de désagréable.
J'y retourne toujours avec plaisir puisque l'art c'est aussi fait pour déranger, déplaire, et titiller.

Le nom de l'exposition "Superdôme" fait référence au stade mythique de la nouvelle-Orléans (Louisiane) qui a accueilli aussi bien les Rolling stones et le pape que les réfugiés de l'ouragan Katrina. Ce paradoxe jette un pont entre le divertissement le plus grand et la détresse absolue. S'inspirant de cette logique schizophrénique, le directeur du palais de Tokyo Marc-Olivier Walhers se consacre depuis deux ans à la notion de "d'élasticité" des oeuvres d'art. Pour cela, cinq artistes ont envahit les lieux:


Sans conteste, l'œuvre la plus impressionnante est l'installation Last Manœuvres in The Dark, du duo d'artistes Fabien Giraud &
Raphaël Siboni. Fichés sur de hautes piques, 300 casques de Dark Vador en terre cuite émaillée noire menacent le spectateur, tels une armée fantôme. Chaque casque abrite un ordinateur qui communique avec les autres pour former une intelligence artificielle produisant une musique mixée, aux sons graves et profonds. L'effet est saisissant. Terrifiant par ce qu'ils représentent et amusant par la forme (le Dark Vador est le Mickey Mouse du mal), ils nous projettent dans un avenir identique à celui du cinéma américain. On y voit un parallélisme avec les films aux happy end où un héros sauve la planète entière d'une force maléfique. La réalité est moins généreuse et on imagine mal qu'un "superman" délivrera les naufragés de l'ouragan d'un terrible malheur.
C'est un permanent aller-retour entre l'art et la réalité, voilà ce que nous propose les cinq artistes de Superdôme.

Il y a aussi Dump, le faux chalet suisse (à l’échelle 1) de Büchel, enseveli sous 200 m3 de déchets et auquel on accède grâce à un long tuyau de 1,5 mètre de diamètre (casque et souplesse exigés) . Cet ensemble surprenant me fait penser à Naples entassée sous les tonnes de déchets. L'aspect repoussant de l'ensemble me donne l'envie d'aller voir à l'intérieur. J'entre dans le tuyau noir avec la même curiosité malsaine qui s'anime lorsque je regarde un tas de personnes entassées dans un stade après un ouragan. J'arrive dans un ensemble de petites communautés avec ici une machine à coudre, là un ordinateur, plus loin une bibliothèque et une salle à manger où est servi le poulet rôti. Je me sens bien dans cet univers cosy loin de tous les embarras du monde.

J'ai été surprise aussi par l’éléphant taxidermisé de Firman qui tient en équilibre sur sa trompe. Il suscite un drôle de vertige et questionne notre point de vue dans l’espace. Cet éléphant est "vrai", puisque d'apparence il a tout de l'éléphant. Mais il "faux" puisqu'il tient sur une trompe et aucun éléphant ne sait tenir sur sa trompe. Je reste perplexe sur la notion du réelle et me demande si tout est possible, comme on essaie de me le faire croire au quotidien. Le monde vend du rêve, la réalité est moins pailletée.

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Jonathan Monk divise son exposition en deux: au palais de Tokyo et au musée d'art moderne. Pour la première fois les musées travailleront main dans la main dans le but de nous interroger sur l'espace muséal et son rapport à la réalité.

Pour finir, l’une des plus belles pièces est signée Arcangelo Sassolino. L’artiste italien, né en 1967 et dont on a déjà pu admirer une pathétique machine excavatrice, a conçu un dispositif propulsant des bouteilles de bière à 650 km/h contre un mur. Toute la force de l’œuvre tient du formidable impact du choc mais surtout du caractère aléatoire de la projection, au beau milieu d’une cage grillagée. Comme l’angoisse d’une mort violente.
Cette oeuvre ressemble étrangement à une arme puissante et à pour but de surprendre.

Superdome, Palais de Tokyo, jusqu'au 24 août 2008 :
Raphaël Siboni & Fabien Giraud, Last Manœuvres in The Dark
Jonathan Monk, Time Between Spaces
Arcangelo Sassolino, Afasia 1
Daniel Firman, Würsa
Christoph Büchel, Dump

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22 juin 2008

images_3 imagesDu 12 juin au 14 septembre, l’artiste londonienne Bridget Riley vole la vedette à Vazarely au musée d’art moderne de Paris. Cette rétrospective est le moment de se se plonger dans l’art abstrait et de découvrir les prouesses de l’art optique appelé Op’art.
Bridget Riley est née en 1931 et après avoir étudié au Royal College of Art de 52 à 55 avec Peter Black et Frank Auerbach, elle s’inscrit dans la lignée post-impressioniste. Inspirée par Seurat, elle se rapproche du pointillisme, puis sous l’influence de Vazaraly, elle s’affirmera avec ses formes géométriques en noirs et blancs. Elle s’intéressera au futurisme plus tardivement en observant les oeuvres de Giacomo Balla.

Sa première exposition date de 1962 chez Victor Musgrave mais c’est en 1965 qu’elle se fera remarquer avec l’exposition “the responsive eye” à New York au côté de Joseph Albers, Vasarely, yaacov Agam et Richard Anusz Kiewicz. L’Op art ou l’art cynétique attire enfin l’attention, les oeuvres de cette période sont souvent abstraites et donnent une impression de mouvement, d’éclat de lumière et de vibration. Proche de l’illusion, Bridget riley cherche à déclencher des réactions extraordinaire chez le spectateur. C’est surtout vrai au début de sa carrière où le noir et le blanc se prête parfaitement à cette expérience visuelle. Il y un sentiment de profondeur crée par des
ambiguïtés spatiales engendrées par divers procédés, dont la manipulation de formes géométriques. Son passage à l’abstraction suit le même processus que celui de Mondrian. C’est dans la première salle que l’on découvre une première série de desseins qui glissent progressivement vers l’abstrait. En 1960 c’est le début des formes géométriques qui la rendront célèbres. C’est dérangeant, difficile à regarder. On a l’impression que l’oeuvre bouge en fonction de nous. Mon regard ne peut pas se décrocher de l’infernal tourbillon: Eclat 3 ou Blaze 3 en acrylique sur carton.
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En 1967 c’est l’apparition de la couleur, l’artiste avec, Late Morning, un tableau littéralement solaire . Cette femme plutôt petite peint des formats parfois gigantesques. Elle prend aussi de nouveaux risques, invente dans ses derniers tableaux une peinture surprenante de culot, jusqu’à, audace suprême pour une artiste qui, comme Cézanne, se veut “classique”, abandonner le châssis et envahir directement le mur.Ici ce n’est plus Seurat qu’elle tutoie, mais Matisse. C’est le clou de l’exposition, des cercles aveuglants se répandent sur les murs pour impressionner le spectateur et c’est réussi.
A mi-parcours vous trouverez une petite salle d’études préparatoires où la méthode de l’artiste est révélée. N’hésitez pas à vous y attarder, c’est un sanctuaire d’oeuvres précieuses et méticuleuses.

Musée d’Art moderne de la Ville de Paris
11, avenue du Président-Wilson
75116 Paris
Tél. 01 53 67 40 00
Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h
Nocturne le jeudi jusqu’à 22h

Tarifs
Plein tarif: 7.5 euros
Tarif réduit: 5 euros
Tarif jeune: 3.5 euros

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04 juin 2008

Les citronniers...

images_2 images_1Cette semaine j'ai été voir les citronniers et Sex and the City. Vous préféreriez peut -être que je vous parle de Carrie Bradshaw et de ses copines mais je laisse cela aux blogs de filles, qui ont déjà toutes écrit leurs commentaires. J'ai choisi les Citronniers et même si la bande annonce du film peut paraître ennuyeuse, en réalité c'est une belle histoire d'amitié qui se tisse dans un contexte historique particulier. C'est un film qui met en relief le courage de deux femmes qui se ressemblent alors que tous les séparent.

Synopsis:
Veuve Palestinienne vivant seule dans un terrain cisjordanien longeant Israël, Salma voit un jour sa vie changer du tout au tout alors que le ministre israélien des affaires étrangères devient son voisin. Comble de la chose, sa présence requiert un service d'ordre massif qui va bientôt ordonner l'abattage, pour raisons de sécurité, des citronniers dont elle tire son maigre salaire. Ces derniers constituant non seulement son unique manne mais également le seul héritage qu'elle tient de son père, Salma, aidée par Ziad, un avocat palestinien venu de Russie, ira jusqu'au bout afin de protéger ces précieux arbres. Tout au long de cette lutte, un lien invisible va de plus la lier à la femme du ministre, tandis que celle-ci sera seule face à la situation et à l'enfermement de sa propre existence.

Mon avis.
C'est un beau portrait de femme que nous propose le réalisateur Eran Riklis. On se souvient de la Fiancée Syrienne, il y a trois ans qui mettait déjà l'accent sur les femmes en temps de guerre. Ici, il s'agit de dénoncer la notion de frontière symbolisée par les citronniers. Le film souligne l'absurdité de la bureaucratie, et le manque de communication qu'il peut y avoir entre deux peuples. Les deux personnages principales sont voisines et même si tout les divisent, elles se trouveront un terrain commun: celui d'être des femmes courageuses et déterminées.

Date de sortie : 23 avril 2008
Réalisé par : Eran RIKLIS Avec : Hiam Abbass, Ali Suliman , Amos LAVIE
Durée : 1h46min
Pays de production : israélien
Titre original : LEMON TREE
Distributeur : Océan Distribution


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02 juin 2008

La figuration narrative

La figuration narrative.

images_6Il n’y a pas un magazine d’art qui ne fait pas échos de la nouvelle…. La figuration narrative, mouvement malmené en son temps, revient le vent en poupe. Célébrée actuellement au grand palais, la figuration narrative est partout et chacun y va de son commentaire. C’est une consécration qu’Hervé Lourdel observe depuis sa toute nouvelle galerie de la rue Guénégaud. Il rend d’ailleurs hommage aux artistes issus de ce mouvement en ouvrant un site internet consacré à la figuration narrative.

images_3C’est en juillet 1964 que le courant émerge, au musée d’art moderne de Paris avec le critique Gerald Gassiot Tablot qui préface l’exposition Mythologique quotidienne avec 34 artistes qui seront reconnus par la suite sous le thème de “la figuration narrative”. Ce mouvement est en opposition avec l’abstrait et le nouveau réalisme, courant dominant de l’époque. La figuration narrative est souvent rapprochée de la nouvelle figuration et fait office “de pop-art” français, moins dans l’idéologie que par sa forme de traitement. Ses inspirations sont diverses, il y a la bande dessinée, le cinéma, la photographie, et la publicité. C’est souvent une réflexion et une analyse de l’image mais certains cherchent à impliquer leur pratique artistique dans un regard critique sur la société de leur temps. Rancillac et Télémaque, chefs de file du mouvement font des peintures froides et distanciées, et veulent maintenir l’éveil et l’esprit critique des spectateurs sur les images de la réalité.
En 2006, la figuration narrative fut redécouverte avec la vente d’un tableau,” One marines”, de Télémaque qui réalisa un record mondial du genre avec 292 000 euros. Depuis, c’est l’effervescence autour de ce mouvement, chaque passionné cherche la toile idéale. Je vous conseille d’ailleurs de vous orienter vers Erro, une valeur sûre, côté un peu plus chaque jour, avec une vente récente à 860000 euros. La figuration narrative reste abordable, on trouve encore une belle aquarelle d’Erro à 4500 euros, alors qu’il est une figure essentielle du mouvement. Aujourd’hui c’est une période gravée dans l’histoire de l’art et des artistes fondateurs tels que Rancillac n’ont pas encore reçu toute la reconnaissance qu’ils méritent. Amateurs d’art, profitez-en, de belles pièces abordables se promènent encore sur le marché…

images_4L’exposition au grand Palais salle par salle.

Cette exposition contribue à donner un coup de pouce au mouvement. Certains ont jugé l’espace trop étroit pour accueillir toutes les oeuvres. Personnellement, j’ai aimé la scénographie imaginée par Laurence Le Bris, les couleurs de fond, rouge, orange, et pourpre, s’accordent très bien avec le style.

La première salle met en avant les prémices du mouvement. Dans les année 50 alors que le vocabulaire abstrait s’épuise, de jeunes artistes (Arroyo, Erró, Klasen, Monory, Rancillac, Recalcati, Saul, Télémaque, Voss…) donne naissance à la figuration narrative avec un style proche du graphisme et inspirée des bandes dessinées. Selon Jacques Lévêque et José Pierre, ces artistes, qui utilisent les représentations d’objets quotidiens ou le style de narration issu des « comics », sont les chroniqueurs de la nouvelle société de consommation en train de naître en France.

La deuxième salle “Mythologies quotidiennes” révèle des artistes très éloignés du pur « constat » formaliste pratiqué par le Pop Art ; utilisant volontiers le grotesque, l’humour, la dérision, ces peintres réintroduisent le récit et la durée dans la peinture à travers la présentation de scènes successives dans un même tableau, ou procèdent par juxtaposition ou métamorphoses d’images. Ils veulent confronter la peinture aux images de masse et faire le pont avec d’autres moyens d’expression. Alors que l’art américain triomphe à la biennale de Venise avec le grand prix de peinture attribué à Rauschenberg, la nouvelle figuration parisienne est sévèrement jugée par les critiques qui l’accusent « d’imiter New York ».

La troisième salle concentre les oeuvres les plus proches de la bande dessinée, réservoir formidable d’images populaires, subversives et grand public. Les aplats et le rendu direct, favorisés par l’usage de l’épiscope qui projette ces images sur la toile vierge, permettent aux artistes de s’émanciper d’une figuration réaliste et classicisante, mais aussi de rompre avec la peinture gestuelle et matiériste de l’Ecole de Paris.

Une salle est consacrée à “l’art du détournement”, ici les artistes détournent les oeuvres des plus grands noms (Rembrandt, Velasquez, Picasso, Matisse) avec des distortions, des juxtapositions ou des ajouts pour faire sortir les chefs d’oeuvre et de leur esthétisme et de leur neutralité culturelle.

Dans l’avant dernière salle, on découvrira l’étroite relation des artistes avec le cinéma. Cinéphiles invétérés, les films noirs et policiers sont une source d’inpsiration, surtout pour Adami, Klasen et Monory. Ce dernier se représente en tueur dans ses tableaux et Klasen confronte des représentations fétichistes du corps féminin à la réalité glacée des objets contemporains. S’ouvre un champ d’expériences nouvelles où s’abolissent les barrières entre le réel et l’imaginaire pour donner la priorité au labyrinthe de la névrose moderne.

images_5Pour finir l’exposition, c’est de politique dont se souciera le mouvement. Vous y retrouverez donc les thèmes de l’époque, guerre du Vietnam, révolution culturelle chinoise, conflit israélo-arabe, la mort de Che Guevara, mai 68 : autant de jalons d’une histoire heurtée, suivie avec attention par nombre d’intellectuels français dans la seconde moitié des années 60. Les techniques utilisées sont multiples: détournements d’images, actions collectives, réutilisation pour peindre des techniques issues de la fabrication des affiches. Tous ces moyens remettent en cause la pseudoobjectivité des média et la puissance du pouvoir. Autant de formes et d’actions inédites pour fabriquer un art en prise directe sur le monde et son Histoire.

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Affordable art fair à Paris.

Affordable art fair à Paris…

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Le week-end a été chargé , entre la nouvelle exposition du palais de Tokyo, le parcours de Saint-germain qui fête ses 10 ans et L’affordable art fair, je n’ai fait que courrir. Aujourd’hui, j’ai consacré ma journée à la foire d’art contemporain qui se situe porte de Champerret. J’espère que vous ne l’avez pas manquée, c’était la dernière journée…
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C’est la première année que cette foire s’invite à Paris, et on l’attendait avec impatience. Will Ramsey, l’inventeur du concept Affordable art fair rend l’art accessible à tous, avec des prix allant de 100 euros à 5000. N’hésitez pas à craquer sur des artistes encore méconnus, les prix sont petits mais si vous êtes chanceux vous tomberez sur une pièce qui prendra de la valeur.

Cette foire existe depuis neuf ans à Londres à un rythme bi-annuel, et s’est déjà exportée à New York, Sydney, Melbourne et Amsterdam. Une soixantaine de galeries françaises et internationales ont été sélectionnées pour présenter des oeuvres d’art à des prix abordables. La dernière édition de l’AAF à Londres avait attirée 22.500 visiteurs. Le montant des oeuvres vendues avait atteint plus de 5 millions de livres (6,37 millions d’euros).


Il y a beaucoup d’artistes plus ou moins bon. Personnellement j’ai craqué sur un artiste: Marko Velk.
Cet artiste né en 69 et originaire de Yougoslavie a fait les arts déco de Paris. Il a exposé à New York, au Mexique, en croatie et j’en passe… Il était présent à la Fiac, au salon du dessein contemporain et à ViennaFair. Il est connu pour ses “absences” portraits contemporains de figures intemporelles. L’artiste s’appuie sur les caractéristiques propre au dessin ( économie, force d’évocation) et lui donne ainsi ses lettres de noblesse. L’économie de moyens est caractéristique du travail de cet artiste : seul le noir du charbon devient couleurs, chairs et présences. Images en négatifs d’un réel aux allures de songes, qui évoquent également les premiers négatifs de la photographie puis ses avatars avec ses images qui prétendaient saisir l’image de spectres ou de personnes disparues et qui fleurirent au XIX ème sciècle.

Je suis repartie avec, sous le bras, une lithographie de Marko Velk :litho_12

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26 mai 2008

Goya au petit palais.

imagesGoya, je l’ai découvert au musée des Beaux arts de Lille. C’est le tableau “les vieilles” qui m’a interpellée… Je ne savais pas quoi en penser mais à chaque fois que je visitais ce musée, je tombais en arrêt sur ce tableau. Il avait une espèce de pouvoir surnaturel qui me poussait à chercher plus loin. Je ne peux pas dire que je l’appréciais mais la puissance de cette oeuvre me donnait envie d’en connaître un peu plus sur l’artiste. Lorsque j’ai su qu’une exposition sur le maître se préparait à Paris, je jubilais, j’allais enfin pouvoir découvrir une face cachée de Goya, celle du graveur.

Le petit palais et le musée des beaux arts de Paris est un lieu splendide qui met parfaitement en valeur le célèbre graveur. L’exposition rassemble 280 oeuvres rarissimes et prestigieuses, dont certaines, issues de la collection privée du couturier Jacques Doucet, fondateur de la Bibliothèque d’art et d’archéologie. Goya, homme à cheval entre deux siècles, inspiré par les grands penseurs des lumières, est avant tout, le témoin des horreurs de l’ inquisition en Espagne. . L’exposition retrace chronologiquement les estampes de l’artiste et évoque l’influence de Rembrandt, Velasquez en passant par la famille Tiepolo qui dominent avec leur rococo vénitien la scène espagnole de l’époque.
On y découvre les célèbres Caprices, les Désastres de la guerre, Les Disparates et Tauromachie.

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Les caprices, c’est une série de 80 oeuvres (20 sur 15 cm) qui dresse un portrait grinçant de la société espagnole de la fin du 18 eme. L’artiste fait une satire grotesque du clergé, de l’aristocratie (alors qu’il est élu peintre de la chambre à la cour), de l’armée et des paysans (on y voit beaucoup d’ânes, symbole de l’idiotie). Il dénonce aussi les horreurs de la guerre avec ses “Désastres de la guerre” où l’on voit des corps mutilés, pendus, torturés dans des positions absurdes…
En 1815 il s’attachera à retranscrire l’art de la corrida et il célébrera par la même occasion les picadors Mariano Ceballos, Romero Pedro ou Pepe Hillo tous morts dans l’arène, témoin tragique de la suprématie de la bête sur l’homme. Ces scènes macabres donneront naissance aux “Disparates”, où les taureaux volent dans l’air, où le rationnel disparaît pour faire place à l’absurde et aux cauchemars.

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Vous trouverez aussi une pièce où les techniques de l’artiste vous seront expliquées. Les gravures sont fixées par l’aquatinte et l’eau forte qui permettent d’obtenir une composition formée par plusieurs points plutôt que de traits. Sur le plan visuel, ces différents grains sont perçus comme des demi-tons, allant du gris léger au noir soutenu. Cette technique est utilisée en complément de l’eau forte créant des effets de teinte. Goya utilisera également la lithographie et obtiendra des effets de formes ou de lumière totalement inédits.
L’exposition se clôt sur l’influence de l’artiste sur la vague française du 19 ème, où il suscitera un profond engouement auprès des romantiques, tels que Delacroix. La modernité de son art et sa subjectivité feront de Goya un modèle pour des artistes engagés comme Manet. Les symbolistes quant à eux, fascinés par les visions surgies de l’inconscient, rendront de nombreux hommages à l’auteur du « Sommeil de la raison engendre des monstres » à l’image d’Odilon Redon. À son tour, Baudelaire louera l’« originalité des conceptions » de cette œuvre qui demeure aujourd’hui encore nimbée de mystère.

C’est une exposition à ne pas manquer, même si la mise en scène laisse à désirer. On aime les oeuvres mais la disposition est en dessous de ce que l’on pouvait espérer. On a l’impression que l’ampleur des oeuvres a du mal à être contenue dans un lieu si étroit. La lumière est trop tamisée si bien qu’il faut coller le nez sur l’estampe pour apercevoir l’ensemble de la gravure. Sans compter qu’il faut déjà se plier pour la voir. Bref à la fin, on a un peu le tournis mais on est content de connaître un peu mieux le maître Goya…

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16 avril 2008

Dexter, la série qui fait peur...

imagesCes derniers temps je n’ai pas pu compléter ma rubrique sur les séries puisque vous imaginez bien que 20 épisodes par semaine commençaient à empiéter sur ma vie privée et sociale… Mais une fois tout le monde rassurée, “non je ne suis pas accros aux séries, ni à mon ordinateur” et après vous avoir délaissé près d’une semaine, je m’attelle de nouveau à la tâche.
Dexter c’est une série sanglante avec un faux air de ressemblance avec le terrible film Saw. Sauf que voilà, c’est une suite de dix épisodes alors autant vous dire que c’est encore plus déchirant de voir vos personnages préférés se faire ratatiner par un serial killer. Et pourtant c’est un carton aux Etats-unis, mais j’arrête de m’emballer et vous raconte les dessous de Dexter.
Cette série est inspirée du roman “ce cher Dexter” et est sorti aux Etats-Unis en 2006. Vous devrez attendre mai 2007 (c’est bientôt), pour faire la rencontre du personnage saugrenu qui se prénomme Dexter, cette série sera diffusée sur Canal plus mais malheureusement certains épisodes seront amputés de plusieurs passages (c’est un peu violent, il faut l’admettre)…

Expert en traces de sang dans la police le jour, tueur en série la nuit, Dexter n’est pas exactement un citoyen américain comme les autres. Il porte, en effet, un lourd secret. Traumatisé dans sa plus tendre enfance puis recueilli par un officier de police de Miami, il se dit incapable de ressentir la moindre émotion. Incapable… si ce n’est lorsqu’il satisfait les pulsions meurtrières que son père adoptif lui a appris à canaliser : de fait, Dexter ne tue que les autres tueurs qui sont parvenus à échapper au système judiciaire, afin de protéger les innocents. Dexter se pose donc comme un véritable justicier de l’ombre, et bien que sa soif de tuer lui pèse, il parvient à mener une existence relativement normale et à sauver les apparences auprès de ses collègues et amis. On arriverait presque à comprendre ses actes, à la pardonner, c’est qu’en plus d’être fou, ce Dexter a un petit quelque chose de séduisant. Peut-être que ce personnage est le représentant parfait de l’homme inaccessible, mystérieux auquel il ne vaut mieux pas s’attacher sous peine de se retrouver ligoter comme un saucisson dans une cave…. Je vous laisse découvrir cet homme singulier et promettez moi de ne pas avoir peur et de ne pas faire de cauchemars (j’en ai fait mais je suis sensible…). A conseiller à vos petits amis ou aux filles qui n’ont pas froids aux yeux.

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Cocorosie...

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J’écris rarement sur la musique que j’aime, car c’est un peu trop personnel mais cette fois-ci je n’ai pas le choix, je ne peux pas résister plus longtemps. Tout simplement parce que cela fait trois mois que je n’écoute qu’un cd, celui des soeurs Coco rosie…. Pour ceux et celles qui ne connaissent pas, courrez d’urgence à la Fnac, au Virgin, où vous voulez, mais dénichez moi cette merveille.

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Cocorosie, c’est l’union de deux soeurs déjantées, artistes jusqu’au bout des ongles. Bianca et Sierra nous envoûtent avec leurs voix tout droit sorties d’un monde imaginaire délirant. D’ailleurs leur univers se nourrit des rêves de petites filles auxquels on ne veut jamais se résoudre. Elles fabriquent une musique mélangeant chant lyrique, gospel et pop low-fi. Vous ne serez pas surpris d’entendre des bruits d’eaux, de casseroles ou des jouets pour enfants, tout cela pour créer un rythme harmonieux et envoûtant. Aller au concert de Cocorosie, c’est se plonger dans un monde que l’on ne veut plus quitter. Il reste le Cd pour se consoler, et combler le manque, le vide que l’on peut avoir une fois la mélodie finit. Mes amis, ma famille, mes voisins en viennent presque à me supplier de changer de CD, mais non, pour le moment je veux me cloîtrer dans l’univers des deux soeurs et ne plus en sortir … Demain je vous ferez découvrir mademoiselle Bianca et son côté farfelu qui vient d’ouvrir une galerie d’art sur le thé… Pour le moment je ne vous en dit pas plus, j’y vais demain avec l’amis précieuse qui m’a gentiment offert la place de concert alors que je n’avais jamais entendu parler de ce duo incroyable. Les adultes disent souvent aux petites filles que la curiosité est un vilain défaut, ne les écoutez pas….

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09 avril 2008

Je suis née dans un harem.

"Je suis née dans un harem" de Choga Régina Egdébé est un livre émouvant qui suscite beaucoup de questions.

                                                          

Je me suis arrêtée sur ce livre à la gare, je  pense que la couverture m'a plue. Une femme blanche voilée dont on ne voit que le bleu éclatant des yeux.  Le titre et l'image sont en décalage, comment une femme occidentale s'est-elle mise dans un bourbier pareil? Peine de préjugés, j'ai voulu comprendre comment pouvait-on rêver d'une vie cloîtrée derrière de hautes paroies? Comment pouvait-on partager son lit avec un homme qui a 40 femmes? Pourquoi?

C'est en suivant Choga Régina, boiteuse et fille de "papa David", que j'ai découvert l'univers envoûtant du harem. Le chef de cette immense famille est un nigarien chrétien qui, au temps des colonies, affirmait que Jésus était noir. Chassé, David fonde sa communauté, la famille de Jésus noir, et devient le chef suprême d'une immense famille. Entre dans sa vie Patty, une allemande de 41 ans, mariée. Elle abandonne tout, mari et enfant, pour intégrer le harem. Elle devient sa "queen " , sa 33 ème femme... Très vite, elle mettra au monde une fille et s'épanouira au sein du harem. La petite fille grandit avec ses nombreuses mères et baigne dans un cadre idyllique. Pour rien au monde, elle ne quitterait son cocon où toute notion de temps et d'espace n'a aucune importance.

Dans le harem on travaille dure et toute la journée est rythmée par un ballet de femmes volantes. Elle s'apprête toute dans l'espoir de  croisé "papa David", héros de ces dames, ciment de cette communauté. Chaque soir, des festivités, des danses, des chants, et l'espoir pour chacune de croiser le regard aimant de leur mari. Le temps passé avec les queens est équitablement répartis, ainsi le chef de la famille n'a jamais fait de préférence entre ses femmes.

Un jour, papa david envoie Patty gérer une ferme à la campagne. Choga Régina y découviera le parfum de la liberté... C'est le début du changement et des complications.

Je ne vous raconte pas la suite et vous laisse comprendre l'envers du décor. N'hésitez pas à vous le procureur, ce livre exotique vous laissera perplexe.

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